Pensée sauvage

Pensée sauvage, août 2024Dépuratif doux

Elle est commune à peu près partout sur le continent eurasiatique, près de la mer ou à l'intérieur des terres, à des altitudes qui vont de 0 à 2 700 m. On la retrouve également au Québec, où elle a été introduite. En France on la retrouve de la façade Ouest vers le Centre et la montagne noire jusqu'à 1 700 mètre d'altitude. Ailleurs ce sont des morphes culturales échappées. Viola tricolor se développe dans les prairies rases, les terres en friche, principalement sur les sols acides ou neutres. Également sur les berges et dans les alluvions. Elle fleurit d'avril à septembre. Dans le Sud-Ouest français, la floraison peut commencer dès mars.

La pensée sauvage est la plante hôte des chenilles de plusieurs papillons : le Cardinal Argynnis pandora, Argyreus hyperbius hyperbius, le Chiffre Fabriciana niobe, Heliothela wulfeniana, le Petit nacré Issoria lathonia, Speyeria alexandra.

La pensée sauvage a une longue histoire d'utilisation en médecine traditionnelle et herboristerie. Les préparations se font à partir de la partie aérienne séchée récoltée au moment de la floraison. La pensée sauvage contient 0,3 % d'acide salicylique et de ses dérivés, des acides phénolcarboxyliques, 10 % de mucilages, 2,4 à 4,5 % de tanins, des flavonoïdes, la rutine, des caroténoïdes, des coumarines, de l'umbelliférone, des saponines, de l'acide ascorbique et du tocophérol. Les dérivés salicylés et la rutine présents dans la pensée sauvage ont des propriétés anti-inflammatoires reconnues. Cette activité anti-inflammatoire de la pensée sauvage a été confirmée chez l'animal. De plus, la rutine peut se montrer utile dans le traitement de la fragilité capillaire.

Elle est aussi utilisée dans les inflammations des muqueuses des voies respiratoires accompagnées d'une hypersécrétion (catarrhe) : bronchite aigüe, trachéite, coqueluche, asthme. La pensée sauvage y a des propriétés expectorantes, attribuées à la présence de violine, qui a une activité éméto-cathartique.

En médecine traditionnelle, la pensée sauvage est utilisée pour ses vertus dépuratives, diurétiques, cholagogues-cholérétiques et diaphorétiques[1]. Elle est aussi parfois utilisée en cas de cauchemars, d'insomnies ou de troubles du sommeil avec réveils fréquents. En tisane, elle calme les nerfs et fait baisser la fièvre.

Grâce à ses qualités de  diurétique et de laxatif, la Pensée sauvage est largement utilisée comme dépuratif doux. Elle entre dans la composition de nombreuses tisanes dépuratives, associée au Pissenlit, à l'Ortie ou à la Verge d'or. Pour renforcer son action laxative, on peut l'associer au Radis noir. Il est recommandé d'effectuer 1 à 2 cures dépuratives par an, suivies d'une cure d'Eleuthérocoque ou de Ginseng afin de retrouver la forme. La Pensée sauvage est également très efficace dans les cas de dermatoses telles que l'acné, l'eczéma et les dartres.

Note(s)

  1. ^ La diaphorèse ou hypersudation est une transpiration plus abondante que la transpiration naturelle, généralement provoquée. Ce terme est composé de deux mots grecs. Il comporte le préfixe dia qui signifie à travers et le radical phorèse qui signifie migration.

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Philippe Guerrini

Auteur·rice : Philippe Guerrini

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