Vitamine K
Publié le vendredi 14 juin 2024, 13:59 - modifié le 23/07/24 - Vitamines - Lien permanent
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Librement tiré du Bulletin de la Société de Nutrition, numéro 50
Il y a trois sortes de vitamines K. La vitamine K1, phylloquinone, que l'on trouve dans les végétaux. La vitamine K2, ménaquinone, est fabriquée par des bacilles et se retrouve dans la flore intestinale ainsi que dans des produits fermentés. La vitamine K3, ménadione, est une forme synthétique aujourd'hui fortement suspectée de toxicité.
Une étude menée chez des personnes de plus de 60 ans, notamment chez des femmes après la ménopause, a révélé un lien entre la carence de la vitamine K, la réduction de la densité osseuse et l'augmentation du risque de fractures. La vitamine K n'agit pas de la même manière que la vitamine D. Elle est complémentaire. Le fait d'associer de la vitamine K à la vitamine D et au calcium permet une meilleure récupération de la densité osseuse et ralentit la fonte osseuse. La déminéralisation osseuse est moins marquée chez les patients qui ont un taux suffisant de vitamine K. La vitamine K serait donc indispensable en parallèle à la vitamine D chez les personnes qui souffrent d'ostéoporose. Toute ostéoporose non améliorée par la seule prise de vitamine D doit imposer de rechercher des problèmes coronariens et une déficience en vitamine K.
La protéine matricielle est présente dans l'os et le cartilage. Cette protéine favorise l'ossification et la réparation du cartilage. Sa synthèse est augmentée par la vitamine D et son action dépend totalement de la vitamine K.
Protection cardiovasculaire
D'autres recherches montrent qu'au lieu d'agresser les artères, elle les protège vraiment. Il existe aujourd'hui un lien avéré entre déficience en vitamine K, risque de calcification artérielle et de distension artérielle. La vitamine K1 ralentit non seulement le processus de calcification mais aussi la perte d'élasticité des artères. On peut donc se demander si la tendance aux anévrysmes et aux lésions de l'endothélium ne serait pas liée entre autre à des carences en vitamine K, de même que l'hypertension systolique induite par la rigidité artérielle.
Dans la paroi artérielle, la protéine matricielle inhibe les dépôts de calcium et prévient la rupture anévrysmale des artères. Sa synthèse est augmentée par la vitamine D et son action dépend totalement de la vitamine K.
Action directe anti myelomateuse et lymphomateuse
La vitamine K2 in vitro aurait un effet suppresseur par apoptose des cellules myélomateuses et de celles du lymphome à cellules B. Les auteurs de l'étude proposent la prise de vitamine K2 à forte dose dans cette pathologie. Une autre étude publiée en 2010 montre que la vitamine K est susceptible de réduire le risque de lymphome et de cancer du système lymphatique. L'étude portant sur l'alimentation de 603 patients ayant un lymphome non-hodgkinien comparée à 1 007 sujets sains a permis de constater une nette tendance à la réduction des lymphomes chez ceux qui ont une bonne consommation alimentaire de vitamine K : le risque de développer un lymphome non-hodgkinien était réduit de près de 45% chez les personnes consommant au minimum 108 microgrammes par jour, par rapport aux personnes présentant une consommation inférieure à 39 microgrammes par jour.
Action bénéfique sur l'intestin irritable
La vitamine K2 augmente l'expression des gènes activateurs des phosphatases alcalines de l'intestin (PAI) dont le rôle était jusqu'ici très peu connu. Cet enzyme régule l'absorption intestinales des lipides, la sécrétion duodénale de bicarbonate : c'est par ce biais que la vitamine K contribue au maintien d'un pH intestinal correct évitant l'acidité de fermentation ; elle aide à la détoxication des endotoxines tout en limitant l'inflammation induite par celles-ci. C'est ainsi que la vitamine K2 pourrait être bénéfique aux inflammations chroniques de l'intestin.
Action hépatique
Plus récemment des chercheurs ont mis en évidence l'action préventive de la vitamimne K2 qui s'oppose à l'apparition et à la prolifération d l'hépatocarcinome, cancer du foie induit par divers xénobiotiques.
Signes de carence de la vitamine K2
Ecchimoses, saignement de nez, règles trop abondantes, risque accru de fractures. Il faut éviter la vitamine K lors de traitements anti-coagulants par les antivitamines K. Les doses recommandées sont de 2 microgrammes pour les nouveaux nés et nourrissons, 40 microgrammes pour les enfants, 60 microgrammes pour les adoslescents et 90 microgrammes pour les adultes. Aux doses Apports Journaliers Recommandés, il n'y a pas de risque d'excès de vitamine K naturelle.
Quand prendre de la vitamine K ?
Lors de la prise de certains médicaments. Ceux qui modifient la flore intestinale comme les antibiotiques et les laxatifs. Ceux qui agissent directement par un effet négatif sur la vitamine K comme les anticonvulsivants et les barbituriques. Ceux qui ont un effet délétère sur l'os comme les corticoïdes.
Chez les personnes recevant des compléments susceptibles de trop fluidifier le sang comme l'ail, les huiles de krill et de poisson.
Chez les personnes ayant des perturbations biliaires ou qui ne digèrent par le gras par insuffisance pancréatiques exocrines.
Enfin, sachez que l'alcool perturbe également l'absorption de la vitamineK.